Au sud de nulle part – Charles Bukowski

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« Les hommes deviennent des intellectuels pour échapper au désespoir. »

Mon affection pour Charles Bukowski et ma passion déclarée pour Au sud de nulle part en disent probablement plus sur moi que sur les qualités intrinsèques pourtant indiscutables de ce recueil de nouvelles éclatées, cette œuvre magistrale.

La vie est une vibration. Enseignement majeur que Bukowski essaye de nous faire rentrer dans le crâne à coups de burin via vingt-sept nouvelles grandioses.

« Au bord de la déglingue finale, mais c’est alors qu’elles sont le plus sexy, du moins pour moi. »

au sud de nulle part couverture
couverture du livre Au sud de nulle part

Entre ses inventions géniales, une narration qui ne s’embarrasse pas de ce fatras de mots et de tentatives de sensations virtuelles, superfétatoires et artificielles qu’on trouve partout ailleurs et des tirades extraordinaires, il redessine ce que devrait être la vie pour tout un chacun et ce que l’art littéraire peut être.

Plutôt que s’emmerder à trimer, souffrir pour ne plus rien ressentir, pourquoi ne pas essayer autre chose ? Pourquoi ne pas voir la passion dans chaque moment ? Pourquoi ne pas tout donner à chaque fois, quitte à tomber de haut, se relever, monter, donner, prendre, retomber. Et se relever.

La vie est plus longue qu’on ne croit. Rien n’est jamais définitif. Les moments se suivent et à la fin, on est toujours tout seul avec, en ligne de mire, une mort, une seule.

« … Tout en stigmatisant la rancœur et l’esprit de vengeance que toute femme porte au fond de son âme. C’est pourquoi seuls les hommes souffrent. »

Au sud de nulle part, encore plus que d’habitude, fait la part belle non seulement à des historiettes classes et prenantes mais aussi à des monuments de littérature, des citations magistrales. De grandes petites phrases comme dirait l’autre

.

« Les cinglés et les poivrots sont les derniers saints de la terre. »

Entre des discussions imaginaires avec Hemingway, les rencontres féminines et les cuites à répétition, la poésie trouve ici une place idéale, parfaite, magnifique et simple. C’est comme ça qu’on fait de la poésie. C’est de là qu’elle vient. De la terre, de la sueur et du sang. Pas des salons et de la soie. Voilà une leçon. L’être plutôt que l’avoir.

« Une fois de plus, nous nous séparons définitivement. »

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