The sex list (2014)

sex list to do list affiche

Amis amateurs de films drôles et moins légers qu’ils paraissent, nostalgiques de la période révolue des joies inextinguibles de l’American pie, hauts les cœurs ! la relève a sonné.

Cette relève, elle se nomme The to do list. Honteusement rebaptisé The sex list en français pour attirer le spectateur boutonneux en pleine floraison hormonale, le film s’adresse avant tout aux gens nés dans les années 80 ou un peu avant ayant grandi dans la glorieuse périodes des nineties.

Le générique et les premières minutes du film lancent d’ailleurs un appel des moins subtiles à cette tranche d’âge en faisant un panégyrique de l’époque de la VHS et des tenues flashy ridicules.

Un American pie féministe

Aubrey Plaza incarne Brandy Klark, une génie un peu chiante et complètement asexuée. Avant l’entrée à l’université, sa grande sœur la convainc de découvrir les joies de la sexualité, histoire de n’avoir aucune faille et tout savoir sur tout. Elle élabore alors une liste de toutes les choses qu’il faut avoir faites et entend bien valider chaque ligne.

to do list la completeCe pitch simplissime nous fait rencontrer une galerie de personnages excellents (casting parfait qui va de Donald Glover à Bill Hader en passant par Christopher Mintz-Plasse, Rachel Bilson (sublime) ou Connie Britton, acteurs révélés pour certains dans le cadre des productions Apatow et consorts (Community), qui sont des valeurs sûres.

donald glover dancing to do listLa différence avec « avant », c’est que le personnage central est une une nana  qui souhaite passer l’épreuve du feu. Ce petit changement permet toute une nouvelle série de gags franchement funs (si on est sensible à cet humour de merde, ce qui est mon cas, je vous emmerde) mais apporte aussi une vision beaucoup plus égalitaire de la chose sexuelle : les femmes ont envie, pratiquent, découvrent dans la joie et la bonne humeur. Elle ne sont pas considérées comme des objets ou des faire-valoir…

Ein big problem

… Enfin, jusqu’à la fin. Si la structure très classique du film (la comédie romantique de base) n’est pas particulièrement engageante, elle se dévoile néanmoins de manière amusante et jamais ennuyeuse. Le seul problème, c’est cette fin aussi prévisible que millimétrée. L’actrice sort de son rôle, s’impose en narratrice moralisatrice et donneuse de leçons de vie aussi inutiles que gênantes dans un long métrage qui a su rester, jusqu’à ce moment, jubilatoire grâce à son fond nature et décomplexé.

amberMais ne boudons pas notre plaisir plus longtemps. Bien qu’on puisse regretter un tel amoncellement de clins d’œil à notre fibre nostalgique (on pourrait réutiliser le film comme un document historique à destination de la nouvelle génération qui n’a pas connu ces années là), l’ensemble tient la route, nous fait rire, apporte un peu de fraîcheur à un genre qui en avait bien besoin et nous fait passer un moment au paradis des couleurs criardes et des stéréotypes cosmogoniques.

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Le loup de Wall street (2013)

le loup de wall street affiche logo

Un type a dit que 2013 avait apporté des blockbusters de grande qualité, et il a cité Django Unchained et Le loup de Wall Street.

Que Le loup de Wall Street soit un blockbuster ne fait aucun doute, c’est sur ; qu’il soit de grande qualité, tout dépend de quel point de vue on se place.

Ah c’est sur que lorsque Scorsese réalise, il y a des choses sur lesquelles on peut compter sans crainte. Le film sera forcément bien tourné, forcément bien joué, forcément bien écrit.
Le loup de Wall Street est effectivement bien tourné, bien pensé. Les acteurs y sont formidables et bien choisis, on voit qu’ils prennent du plaisir, et on croit à ce qu’ils font, même si l’on regrette le faible rôle qu’y joue Matthew McConaughey. Le duo DiCaprio Scorsese fonctionne à merveille, le premier s’en donne à cœur joie pendant tout le film, vivant son personnage à fond.

Il faut aussi féliciter les dialoguistes, dont le travail confine au génie. Les deux premières heures du film sont hilarantes, les échanges fusent comme des balles de tennis servies par un mec qui sait servir, on se marre en même temps qu’on les voit faire et dire toutes ces conneries, s’éclater entre potes, vivre au huitième degré. À ce titre, la discussion concernant le lancer de nains est un exemple parfait de ce qu’offre le film : des répliques drôles, cinglantes, des enchaînements millimétrés, un régal.

D’ailleurs, si on regarde, les deux premières heures du film sont à l’image des dialogues : impeccables, calibrées, jubilatoires, passionnantes. Jordan Belfort est une raclure très attachante, qui s’entoure de potes pour conquérir le monde. Un monde qui lui ouvre les bras de sa superficialité, celle dont on se suffit et qu’on se complait à aimer à la folie.

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Mais ce film est une intrigue de désillusion parfaite, sans fioritures, et au final sans originalité. Un ponte de l’écriture de scénario, Robert McKee, a dit que seules les vingt dernières minutes d’un film comptent. S’il a raison, dans le sens où ce sont effectivement ces vingt dernières minutes qui laissent le souvenir et les émotions de toute l’œuvre dans le cœur du spectateur, c’est aussi là que Le Loup de Wall Street se plante.
La désillusion suppose la déchéance de son protagoniste, et il fallait que Jordan Belfort se gamèle, d’autant qu’il semblerait qu’il s’agisse d’une histoire plus ou moins vraie.

Le problème, c’est la façon dont la gamèle arrive. D’abord parce qu’on ne comprend pas ce qui est illégal, et même si ça n’a pas trop d’importance dans le déroulement du film, ça fait un poil tâche. Ensuite, et surtout, parce que le personnage de Jordan finit par perdre toute crédibilité en agissant comme un débile. Ce n’est pas le seul personnage dont la logique disparaît. Il suffit de voir son épouse à la fin du film, qui deviendrait d’un coup ce qu’elle n’a jamais été, au mépris de ce qu’elle a toujours été.

Ce qui cloche avec la dernière heure, c’est qu’on sait ce qu’il va se passer. Et qu’on s’emmerde terriblement. Tout l’intérêt se joue sur des détails à un moment où on est déjà sorti de l’intrigue, classique à en mourir, ennuyante parce que classique, pauvre pour le public, nulle pour son réalisateur pourtant si prolifique et génial parfois.

Enfin, le sous-texte du film demeure assez illisible. Parce que Jordan accomplit des choses illégales et s’en met plein les poches, on comprend que l’argent c’est mal, que ça brûle. Le spectateur comprend qu’il vaut mieux qu’il reste pauvre. Et puis quand on a de l’argent, on en fait toujours n’importe quoi, la preuve avec toute cette drogue, ce sexe, … L’ennui, c’est que environ quatre millions d’histoires ont raconté cette version.
La vérité, c’est que ce que fait Jordan de manière illégale, des tas de banques (qui ont, paraît-il financé le film) le font de manière licite en provoquant plus de problèmes que Jordan. La vérité, c’est que l’histoire des pourris trop riches qui tombent est éculée. La vérité, c’est que cette justice, on n’y croit plus. La vérité vraie, c’est que devoir se fader encore une histoire comme celle-là, ça fout la gerbe, merde.

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22:21

22h21La poisse ! L’étau se resserre et je sens que les complications ne vont pas tarder à survenir. De quoi je parle ? Non mais vous rigolez là ? Le sept. Le sept. Ça ne vous dit vraiment rien ? Le sept, c’est un porte malheur absolu. J’ai eu la chance de m’en rendre compte, et de m’y adapter, mais tout le monde n’est pas forcément au courant. Et en ce moment, les choses ont tendance à se compliquer. Je suis dans un mauvais cycle. Il me faut impérativement en sortir, mais je ne sais pas encore comment. Bien souvent, il n’y a qu’à attendre. Attendre et espérer.

Le sept est un foutu porte malheur universel, et les contraintes sont nombreuses, c’est moi qui vous le dis. Ne soyez pas surpris, tout est fait pour camoufler cette évidence. Par exemple, la semaine compte sept jours. Et le septième jour, c’est le dimanche. Le jour du seigneur, le jour où la plupart des gens sont en repos. Et ça ne vous dit rien ? Le dimanche, un jour de pause, le septième jour de la semaine… Ça ne vous met pas la puce à l’oreille ? Ça ne vous évoque pas la moindre possibilité de commencement d’un soupçon ? Alors que vous savourez votre jour de glande comme il se doit, dans l’ombre se tapit le retour de la semaine de travail.

C’est dans les détails qu’il faut le plus se méfier.

Toute ma vie, j’ai subi ces tentatives d’agression. Il a fallu réaliser, et puis se mobiliser. Endurer les souffrances, puis les comprendre, les analyser, les détecter, et enfin tenter de les contourner, les prévoir, les anticiper. Sur mon premier CD, le morceau numéro sept a fait flamber mon lecteur tout neuf. Je venais d’avoir dix ans, et je ne comprenais pas encore bien de quoi il retournait, même si je ressentais déjà cette sensation étrange. C’est difficile à expliquer, parce qu’il est évident que je n’étais pas observé, que personne de la Haut ou des Terres du Dessous ne s’étaient penché sur moi. Ni souffle rauque sur ma nuque, ni cauchemars au cours desquels des apparitions me menaçaient. Ni scarifications avec un quelconque sens, ou encore de mouvements incontrôlés de ma part ou d’autres. Pas d’invocations ni d’incarnations farfelues. Juste une petite sensation étrange. Comme si les choses devaient se passer de cette façon. Comme si ce n’était pas évitable. Comme si rien d’étonnant ne venait de se produire. D’ailleurs, les choses ont continué sur cette lancée. Devant mon manque de réaction, mes parents m’ont puni. Je l’avais pareillement vu venir. J’ai pris pour une semaine. Sept jours.

Vous trouverez des manifestations plus ou moins fortes du sept à chaque moment de votre vie. Comme autant de signes malsains disséminés, comme des obstacles infranchissables, cette ciguë impossible à éviter. Méfiez-vous. Buvez un verre d’eau. Attention ! Comptez vos gorgées. Sept. Encore. A moins de prévoir et de modifier votre façon de boire, un petit verre d’eau compte sept petites gorgées. Et un grand verre ? A votre avis ? Un grand verre d’eau, format standard, sans les circonvolutions esthétiques propres à la bourgeoisie, un grand verre d’eau donc, c’est sept grandes gorgées. Comptez. Remarquez. Essayez de tout boire en huit gorgées. Réalisez que la huitième gorgée est la dernière, qu’elle est différente des autres du fait qu’après celle-là, vous n’avez plus rien d’autre que de l’air. Réalisez alors que la dernière gorgée normale, c’est le septième. Réalisez enfin comme les choses s’enchaînent de façon fourbe. Tentez alors de boire en neuf gorgées sans respirer et comprenez la difficulté. Ou alors, essayez de boire en six. Dans ce cas, je vous conseille de vite apprendre à faire en sorte que la sixième soit effectivement la dernière gorgée. Qu’il ne reste pas une goutte ou deux d’eau sur votre langue, vous imposant une déglutition finale après les six premières.

Les chiffres deviennent très importants dès le moment où vous vous mettez en quête de vous restructurer. Le sept reste à bannir sous toutes ces formes. Sauf que, bien entendu, on ne passe pas du six au huit de chaque mois par simple manifestation de sa volonté. On ne passe pas de six à huit gorgées d’eau dans un verre. On ne passe pas de la sixième fille avec qui vous couchez à la huitième. Il y a toujours des sept, partout, tout le temps. Pour tout et n’importe quoi. Et dès qu’on y arrive, il se passe quelque chose qu’on aurait préféré éviter.

J’ai pris l’habitude de ne jamais avoir sept euros dans ma poche. Et comme un fait exprès, alors que j’additionne mes pièces, dès lors que j’ai pris soin de les trier, la malédiction du sept fait en sorte que je n’ai pas assez pour payer. Ou alors qu’une fois la monnaie rendue, je me retrouve à nouveau avec sept euros. Je tente alors de m’en débarrasser au plus vite, en donnant le reliquat à un nécessiteux si possible. Sauf qu’avec sept, ce n’est pas la peine de finasser. Le vieil homme me crache dessus pour lui donner si peu, ou me fait un croche pied parce qu’il a eu l’impression que je lui ai tendu mes pièces avec dédain, ou parce que j’ai mal visé, que l’argent a raté sa casquette et qu’il roule le long du trottoir, vers la bouche d’égout, et qu’à cause de moi, il doit se lever précipitamment et s’humilier pour quelques centimes.

Dans les chiffres, la plus grande difficulté est de cumuler les différents moyens de comptage. L’heure par exemple. Mais les dates également. Le neuf annule. Il ne compte pas. Dans toutes les additions de chiffres à base d’heure ou de date, hormis minuit pile, le neuf n’existe pas. Tous les autres chiffrent se battent et vous devez éviter de totaliser sept.

Un autre élément particulièrement inquiétant. Les dés. Si vous jouez avec, en en lançant deux, comme c’est de tradition, le nombre le plus fréquemment sorti, c’est sept. Faites vos calculs si vous ne me croyez pas.

En ce moment, c’est la poisse. Toutes les occurrences s’enchaînent. Nous sommes au mois de mars 2011. La somme des chiffres qui composent 2011, c’est quatre. Si on ajoute le mois de mars, ça donne sept. Mars 2011 est un très mauvais mois. Mais pire encore, le neuf mars, rien ne vous rattrapera. Vous pouvez toujours tenter de vous dire que les autres jours, vous pourrez passer au travers, car le huit vous permettra d’attendre un total de six, et là vous êtes sauvé. Sauf que ça ne dure pas. A chaque fois que je regarde l’heure, le total fait sept. Je tiens d’ailleurs à préciser que les effets négatifs se cumulent. Mais à ce niveau d’explications, j’imagine que vous le saviez déjà. Ca va faire sept ans que j’habite dans cet appartement, et j’ai comme l’impression que les murs vont s’écrouler.

J’ai été dépucelé le 4 décembre 1998. Ça a été un fiasco comme rarement il vous a été donné d’en commettre. J’ai cumulé toutes les tares. La fille a saigné, elle a souffert, n’a plus jamais voulu me revoir, malgré l’avortement médicamenteux qu’elle a du subir. A la suite de cet événement malheureux, j’ai expérimenté un an d’abstinence. Je palliais en me masturbant et je saignais à force de frotter.

Le seize de chaque mois est une catastrophe. Problèmes d’érection, de ponctualité au travail, qu’importe, il y a toujours ce truc dégueulasse qui se produit. Je le sais maintenant. Je poserais bien mes RTT ces jours-là, mais ce serait gâcher de tels jours, puisque je ne pourrais rien faire de bon, et ce serait également comme déclarer forfait, ce à quoi je me refuse.

La septième fille. D’abord, la septième fille m’a mis du GHB dans un verre, et s’est révélé être un garçon, devant lequel je suis resté impuissant, en dépit de tout l’alcool qui l’accompagnait. La septième fille avec qui j’ai couché m’a refilé une maladie vénérienne du genre que l’on ne voit que sur les sculptures en plâtre des musées de l’anatomie. Aujourd’hui mon sexe ressemble à une cuillère en bois usée et cramée à force d’être restée trop longtemps et souvent au contact des poêles et casseroles.

Le pire dans les chiffres, c’est l’heure. Parce que c’est le meilleur moyen de voir un sept toutes les neuf minutes, et quand on commence une série, il est difficile de s’en sortir avant un véritable drame. Quoi que vous pouvez y être confronté encore plus fréquemment si vous marchez beaucoup, ou si vous avez un trajet à pied non négligeable avant d’atteindre votre destination quotidienne. En effet, les numéros de portes. Qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle numérotation, métrique, aucune logique ne permet de s’assurer que vous aurez le temps de détourner votre regard à temps, d’accélérer le pas. Si vous apercevez un sept sur une porte, ou un nombre dont la somme de ses chiffres vous donne sept, vous êtes bon pour vous faire piquer votre portefeuille dans le métro, vous faire insulter ou vous prendre un râteau si jamais vous osez regarder une fille un peu mignonne. Il faut rester sur ses gardes même si vous ne parvenez à ne pas regarder car, sans son aire d’action, le sept peut vous faire marcher dans une crotte ou vous coincer un talon dans les rails du tramway au moment où il arrive.

Le pire de l’heure, c’est 22h21. C’est l’Omega. Je le fuis comme la peste et vous feriez bien d’en faire autant. Rien ne peut compenser un 22h21. C’est avec ça que j’ai démarré ma série. J’ai tout à fait par hasard attrapé mon téléphone pour voir les messages reçus. 22h21 s’affichaient en gros. En plus du coup au moral, je recevais une surfacturation sur mon forfait par SMS. Le lendemain, et c’est ce qui m’a convaincu que j’étais rentré dans un cycle, je suis retombé dessus. Même heure, sur mon écran d’ordinateur. Et quelques secondes après, en fermant les volets, sur mon réveil. Inutile de dire que je me suis cogné violemment la tête en fermant cette satanée fenêtre.

Hier, une voiture m’a rentré dedans. La plaque du type, c’était AB 873 DI. Je vous laisse le soin de trouver le sept. Le mec venait de l’Ardèche. En sortant de la voiture pour faire le constat, j’ai assisté au compactage de mon véhicule par un camion dont les freins venaient de lâcher. A l’intérieur, il y avait mon ordinateur. Et ma copine. Les pompiers qui m’ont ramené chez moi m’ont donné une trop forte dose de calmant. Du coup, ils m’ont déposé aux urgences. Où je suis actuellement. Chambre 214…

Post Scriptum : cette explication compte très exactement 10 204 signes, espaces compris.

Bloqués

sans limites

Orelsan et Gringe dans le canapé de BloquésSans limites, Orelsan et son pote Gringe, les Casseurs flowteurs, image d’épinal de la bande de potes d’enfance inséparables, ceux dont on parle dans les chansons (d’Orelsan), ceux à qui tout réussit, se retrouvent à la télé. Et pas sur n’importe quelle télé. Ils se retrouvent sur Canal plus, la chaîne qui ose, celle qui avait une âme et qui est en train de la perdre.

Pour Les bloqués, le deal est simple : deux potes, un seul cerveau, un canapé crevé mais attachant, deux losers fainéants et un tas d’histoires à raconter. Des histoires écrites évidemment par les deux loustics mais aussi notamment par Kyan Khojandi et Bruno Muschio, les mecs de Bref. Un peu de talent, mais aussi un peu de fainéantise pour des sketchs sur le quotidien d’une paire de trentenaires qui, à l’image de Mélanie Laurent dans Dikkenek, a compris que, le but dans la vie, c’est de rien foutre.

Comme dans leurs morceaux de rap, Orelsan et Gringe truffent leurs réparties de référence à la culture avec laquelle ils sont grandi : jeux vidéo, mangas, etc. On s’y retrouve et on s’y sent bien parce que c’est fait à la fois avec simplicité et candeur. Ils n’en font pas des caisses pour placer lesdites références, elles viennent naturellement ou elles ne viennent pas. Ce n’est pas forcé (comme ce qu’on trouve dans le jeu vidéo Life is strange par exemple).

Et à l’image de Bref, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Une minute trente par épisode, c’est suffisant pour traiter un thème.

L’humour se mêle à des messages plus subtiles (Les féministes) quand les deux comparses ne se prêtent pas à un exercice de style (Johnny Depp, Trois petits chats).
Si certains épisodes sont hilarants, d’autres au contraire respirent le foutage de gueule (L’histoire sans fin et consorts) et le manque de respect du spectateur.

Du coup, lorsque c’est drôle, et ça l’est souvent, c’est trop court (Les contraires). Et lorsque c’est chiant, une minute, c’est déjà trop long.
Après une cinquantaine d’épisodes, il faut commencer à se demander : à partir de quand, même quand c’est bon, ça devient trop long ? Espérons que les auteurs et la production trouvent la réponse à cette question avant que ça devienne… chiant.